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Hortus botanique

Ophrys lutée funèbre : une ophrys jaune au labelle brun-noir

Planche botanique stylisée d’Ophrys lutea subsp. funerea, famille des Orchidacées

L'ophrys lutée funèbre, Ophrys lutea subsp. funerea, est une orchidée méditerranéenne dont le labelle presque entièrement brun-noir ne garde qu'une mince bordure jaune. Ce dessin sombre la distingue de l'ophrys jaune classique, au labelle largement bordé de jaune vif.

Ophrys lutea Cav. subsp. funerea (Viv.) Arcang. est une sous-espèce de l'ophrys jaune (Orchidacées) caractérisée par un labelle à zone centrale brun-noirâtre plus large et une marge jaune réduite ou absente, d'où l'épithète funerea (funèbre, sombre). Elle se distingue de la sous-espèce type par ce dessin du labelle plus austère.

Son rattachement varie selon les auteurs. Certaines flores la placent dans l'ophrys jaune, comme le fait son nom ; d'autres la rapprochent du groupe de l'ophrys brun, Ophrys fusca, ou la traitent comme une espèce à part entière sous le nom d'Ophrys funerea. Ces hésitations n'ont rien d'exceptionnel chez les ophrys, genre où les formes intermédiaires sont nombreuses et où les botanistes ne s'accordent pas toujours sur le rang à donner aux populations.

Description

Plante de 10 à 25 cm, à 2-5 fleurs. Le labelle trilobé est brun-noirâtre au centre avec une zone spéculaire métallique et une bordure jaune étroite ou absente. Les sépales sont verdâtres. Floraison en mars-mai selon la région.

Le labelle est la partie à examiner en priorité. Sur une fleur bien ouverte, on regarde la largeur de la bordure jaune, la couleur du centre et la forme de la zone brillante, la macule, située à la base. Une bordure large et jaune vif oriente vers l'ophrys jaune type ; une bordure étroite, parfois verdâtre, et un centre brun sombre vers la sous-espèce funerea ou les ophrys du groupe brun. Les sépales verdâtres et les pétales plus courts, étroits, complètent le portrait.

Où la chercher

Comme les autres ophrys de ce groupe, elle fréquente les milieux ouverts et ensoleillés sur sols calcaires ou basiques : garrigues, pelouses sèches, bords de chemins, anciennes terrasses de culture et clairières de pinèdes claires. Elle disparaît quand la végétation se referme et que les buissons ombragent le sol. Les populations sont souvent dispersées, quelques pieds ici et là, ce qui rend leur recensement délicat.

Pollinisation

Comme toutes les ophrys jaunes, elle attire les mâles de certaines abeilles solitaires (souvent Andrena) par mimétisme chimique de la phéromone féminine.

Chez les ophrys de ce groupe, la rencontre se fait d'une façon particulière : le mâle se pose tête vers l'extérieur de la fleur et tente de s'accoupler avec le labelle, qu'il prend pour une femelle. Les pollinies, petites masses de pollen collantes, se fixent alors à l'extrémité de son abdomen, et non sur sa tête comme chez beaucoup d'autres ophrys. En visitant une seconde fleur, l'insecte y dépose ce pollen.

Ce mode de pollinisation, très spécialisé, explique en partie la diversité des ophrys : une petite différence d'odeur ou de forme peut attirer une autre espèce d'abeille et isoler une population de ses voisines. C'est aussi pourquoi la présence de l'insecte pollinisateur compte autant que celle de la plante pour la conservation d'une station.

Les confusions possibles

Sur le terrain, les risques d'erreur viennent surtout des ophrys jaunes à bordure réduite et des ophrys bruns à marge claire. Les hybrides entre espèces proches ajoutent à la difficulté. Une photographie de face et de profil, prise sur plusieurs fleurs de la même hampe, permet de revenir ensuite aux clés de détermination. Une autre orchidée du même genre, l'ophrys d'avril, sous-espèce de l'ophrys tenthrède, montre à quel point le dessin du labelle varie d'un taxon à l'autre.

Observer sans cueillir

Les orchidées sauvages se photographient mais ne se cueillent pas : arracher une ophrys la condamne, car elle vit en association avec des champignons du sol et ne reprend pas en jardin. Plusieurs espèces bénéficient d'une protection réglementaire, nationale ou régionale selon les pays et les territoires ; en cas de doute, mieux vaut se renseigner auprès du conservatoire botanique de la région. Sur une station, on évite aussi de piétiner les rosettes de feuilles, discrètes en dehors de la floraison. D'autres orchidées et plantes sont réunies dans les fiches botaniques du genre O.

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