En écologie végétale, une plante thermophile est une espèce qui recherche la chaleur et ne prospère que dans les stations chaudes, bien ensoleillées et souvent sèches, où les températures sont supérieures à la moyenne de la région. Le mot vient du grec thermos (chaud) et philos (qui aime). Il s'oppose aux termes qui désignent les espèces des milieux froids, comme psychrophile.
Stations et végétations thermophiles
En France tempérée, les plantes thermophiles se concentrent sur les pentes exposées au sud, les pelouses calcaires sèches, les éboulis ensoleillés et les lisières chaudes. Les phytosociologues décrivent ainsi des chênaies pubescentes thermophiles à Quercus pubescens, accompagnées du cornouiller mâle (Cornus mas), du buis (Buxus sempervirens) ou de l'amélanchier (Amelanchier ovalis). Les ourlets thermophiles abritent le géranium sanguin (Geranium sanguineum) ou le dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria). Plusieurs orchidées, comme l'ophrys bécasse (Ophrys scolopax) ou l'orchis pourpre (Orchis purpurea), signalent aussi ces milieux.
Un indicateur pour lire le paysage
Les valeurs indicatrices d'Ellenberg attribuent à chaque espèce une note de température, de 1 pour les espèces des milieux froids à 9 pour les plus thermophiles. Repérer plusieurs thermophiles sur une parcelle renseigne sur son microclimat sans aucune mesure. Hors de leur aire principale, ces plantes forment des îlots dits subméditerranéens, par exemple sur les collines calcaires de Bourgogne ou d'Alsace. Le suivi de leur progression vers le nord sert aussi à mesurer les effets du réchauffement climatique.
Thermophile, xérophile, héliophile
Ces termes se recoupent sans se confondre. Une plante xérophile supporte la sécheresse, une plante héliophile exige la pleine lumière ; beaucoup de thermophiles sont l'une et l'autre, mais une espèce peut aimer la chaleur sur un sol frais. En microbiologie, thermophile désigne des organismes qui vivent à des températures élevées, au-delà de 45 °C, comme certaines cyanobactéries des sources chaudes : le sens est alors bien plus extrême.

















