En botanique, anisopétale se dit d'une fleur dont les pétales sont inégaux entre eux, par leur taille, leur forme ou leurs ornements. Le mot est formé du grec anisos (inégal) et petalon (feuille, lame, puis pétale). Il s'oppose à isopétale, qui qualifie une corolle aux pétales tous semblables, comme celle de la rose sauvage ou du bouton d'or.
Exemples de corolles anisopétales
Chez les violettes et les pensées (Viola), le pétale inférieur, plus large, se prolonge vers l'arrière en un éperon qui contient le nectar, tandis que les quatre autres sont disposés par paires. Chez les pélargoniums, souvent appelés géraniums de balcon, les deux pétales supérieurs sont plus grands et souvent marqués de taches ou de veines sombres, différents des trois inférieurs. Les fleurs de la famille des Fabaceae, comme le pois ou la gesse (Lathyrus), ont une corolle dite papilionacée formée de pièces très différentes : un grand étendard au-dessus, deux ailes latérales et une carène formée de deux pétales unis. Le saxifrage stolonifère (Saxifraga stolonifera) a deux pétales inférieurs beaucoup plus longs que les trois autres.
Un caractère lié à la symétrie et aux pollinisateurs
L'inégalité des pétales va souvent de pair avec une fleur zygomorphe, qui n'admet qu'un seul plan de symétrie. Elle guide les insectes : le pétale le plus grand sert de piste d'atterrissage, et les taches de couleur indiquent l'accès au nectar. Mais une fleur peut être anisopétale sans être fortement zygomorphe. Chez l'ibéris amer (Iberis amara), les fleurs extérieures du corymbe ont leurs deux pétales tournés vers l'extérieur beaucoup plus grands que les deux autres, ce qui agrandit visuellement l'inflorescence entière, comme une grande fleur unique.
Termes voisins
Le même préfixe sert à décrire d'autres pièces florales : une fleur anisosépale a des sépales inégaux, une fleur anisostémone un nombre d'étamines différent de celui des pétales. Anisopétale ne concerne que la corolle, et se juge sur une fleur bien ouverte. Il faut distinguer cette inégalité naturelle des pétales déformés par un accident, un insecte ou une mutation, qui relèvent de la tératologie. La forme de chaque pétale se décrit ensuite par les termes habituels : onglet, limbe, éperon.

















