En botanique, l'arcesthide est le nom donné au cône femelle charnu des genévriers (genre Juniperus), connu sous le nom courant de baie de genièvre. Le terme, aujourd'hui rare, se rattache au grec arkeuthos ou arkeuthis, qui désignait le genévrier et son fruit. Il souligne que cet organe n'est pas une baie au sens botanique : c'est un cône dont les écailles, au lieu de durcir et de s'ouvrir, se soudent et deviennent charnues autour des graines.
Formation de l'arcesthide
Chez le genévrier commun (Juniperus communis), le cône femelle ne compte que trois écailles fertiles, chacune portant un ovule. Après la pollinisation, ces écailles grossissent, fusionnent et forment une sphère charnue qui enferme une à trois graines. La maturation est lente : le cône reste vert pendant une première saison et ne devient bleu-noir, couvert d'une pruine bleutée, qu'au cours de la deuxième ou de la troisième année. On trouve donc souvent sur le même rameau des « baies » vertes et des « baies » mûres. Au sommet, une petite cicatrice étoilée rappelle la limite des écailles soudées.
Variations selon les espèces
L'arcesthide du genévrier cade (Juniperus oxycedrus) devient brun rougeâtre à maturité ; celle du genévrier de Phénicie (Juniperus phoenicea) est rouge-brun et plus grosse ; celle du genévrier thurifère (Juniperus thurifera) bleu-noir. Couleur, taille et nombre de graines aident à distinguer ces espèces méditerranéennes. Les grives et d'autres oiseaux consomment ces cônes charnus et dispersent les graines, ce qui relève de la zoochorie.
Arcesthide, galbule et baie
- Galbule : terme plus courant aujourd'hui, appliqué au cône charnu des genévriers comme au petit cône globuleux, ligneux, des cyprès ; arcesthide est réservé au cas charnu.
- Baie : vrai fruit charnu issu d'un ovaire, propre aux plantes à fleurs (groseille, raisin).
- Arille : enveloppe charnue entourant une seule graine, comme chez l'if (Taxus baccata), à ne pas confondre avec un cône.

















