En botanique, aulacanthé qualifie la tige d'une characée dont les cellules épineuses du cortex, appelées aiguillons ou acicules, sont situées dans des sillons : les rangées qui les portent sont plus étroites et plus enfoncées que les rangées voisines. Le terme vient du grec aulax, aulakos, sillon, et akantha, épine. Il s'emploie presque uniquement dans la détermination des characées, en particulier du genre Chara.
Le cortex des Chara
Les characées sont des algues vertes d'eau douce ou saumâtre, à l'allure de petites prêles, fixées au fond des lacs, des mares et des gravières. Chez la plupart des Chara, l'axe principal, formé de très longues cellules, est entouré d'une gaine de cellules plus petites, le cortex. Celui-ci est fait de rangées primaires, qui portent les cellules épineuses, et de rangées secondaires intercalées entre elles. Lorsqu'il y a une rangée secondaire entre deux primaires, le cortex est dit diplostique ; deux rangées secondaires, il est triplostique ; une seule sorte de rangées, haplostique.
Aulacanthé, tylacanthé, isostique
La largeur relative des rangées donne trois cas :
- aulacanthé : les rangées secondaires sont plus larges et saillantes, les rangées primaires enfoncées, et les aiguillons sont dans les sillons ;
- tylacanthé : les rangées primaires sont plus larges et forment des côtes, et les aiguillons sont portés sur ces crêtes ;
- isostique : toutes les rangées ont à peu près la même largeur.
Ce critère sert notamment à séparer deux espèces très communes et proches : Chara vulgaris, dont le cortex est aulacanthé, et Chara contraria, dont le cortex est tylacanthé.
Comment l'observer
L'examen se fait à la loupe forte ou au microscope, sur un entre-nœud de la tige principale, de préférence dans sa partie moyenne. Lorsque la position des aiguillons n'est pas nette, une coupe transversale fine de la tige montre clairement quelles rangées dépassent. Les plantes très incrustées de calcaire doivent parfois être plongées dans un acide dilué pour rendre le cortex lisible. Les termes aulacanthé et tylacanthé n'ont pas d'usage en botanique des plantes à fleurs, où l'on parle plutôt de tiges cannelées ou sillonnées.

















