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Hortus botanique

Définition de « batture » en botanique

Illustration botanique stylisée du terme « Batture » du glossaire

Une batture est la partie plate d'un rivage, souvent vaseuse ou sableuse, que la marée ou la baisse du niveau de l'eau découvre périodiquement. Le terme est très employé au Québec, le long du Saint-Laurent, et en Louisiane, le long du Mississippi ; il correspond à l'estran ou à la grève du français d'Europe. Il dérive de « battre », par allusion aux eaux qui battent ce fond peu profond ; en ancien français maritime, une batture désignait un haut-fond où la mer se brise.

La végétation des battures du Saint-Laurent

Dans l'estuaire du Saint-Laurent, les battures portent des marais intertidaux dont la composition change avec la salinité de l'eau. En amont, dans la partie d'eau douce soumise à la marée, dominent les scirpes, les sagittaires (Sagittaria latifolia) et diverses plantes des rives vaseuses ; on y trouve des espèces adaptées à ce milieu très particulier, comme la cicutaire de Victorin (Cicuta maculata var. victorinii), propre à l'estuaire d'eau douce. Plus en aval, où l'eau devient saumâtre puis salée, les spartines (Spartina alterniflora, Spartina pectinata) prennent le relais. Les rhizomes des scirpes de la batture du cap Tourmente nourrissent chaque printemps et chaque automne des dizaines de milliers d'oies des neiges en migration.

Un milieu sous fortes contraintes

Les plantes des battures subissent des immersions répétées, des courants, des dépôts de vase et, au Québec, l'action des glaces : en hiver, la glace prise sur le rivage arrache des mottes de sédiments et de rhizomes, qui sont déplacées au dégel. Les espèces s'y répartissent en bandes selon la durée d'immersion qu'elles supportent : les plus tolérantes en bas, au plus près de l'eau, les autres vers le haut de la batture. Ces milieux comptent parmi les plus productifs des rives et jouent un rôle important pour les poissons et les oiseaux.

Termes voisins

Sur les côtes atlantiques françaises, on distingue dans l'estran vaseux la slikke, partie basse inondée à chaque marée et presque sans plantes à fleurs, et le schorre, ou pré salé, partie haute recouverte seulement aux grandes marées, où poussent salicornes (Salicornia), puccinellies (Puccinellia maritima) et obione (Halimione portulacoides). En Normandie, on parle aussi d'herbu. Le haut-fond, lui, reste immergé, alors que la grève peut être de sable ou de galets.

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