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Hortus botanique

Définition de « baume du Canada » en botanique

Illustration botanique stylisée du terme « Baume du canada » du glossaire

Le baume du Canada est une oléorésine transparente extraite du sapin baumier, Abies balsamea, conifère des forêts boréales de l'est de l'Amérique du Nord. On le recueille en crevant les poches de résine qui gonflent l'écorce des jeunes troncs. Le mot « baume » vient du latin balsamum, lui-même emprunté au grec balsamon, nom d'une résine odorante du Proche-Orient ; l'épithète balsamea en dérive.

Une résine produite par l'écorce

Le sapin baumier a une écorce lisse et grise, parsemée de cloques remplies de résine liquide et collante. La récolte se faisait à la main, au Québec notamment, en perçant ces vésicules et en recueillant leur contenu dans un petit récipient. La résine contient des terpènes volatils, qui lui donnent son odeur, et des acides résiniques ; elle durcit lentement à l'air. L'arbre lui-même se reconnaît à ses aiguilles aplaties, marquées de deux bandes blanches dessous, et à ses cônes dressés qui se désagrègent sur la branche à maturité.

Le baume du Canada en microscopie et en optique

Une fois débarrassé de ses composants volatils, le baume du Canada est presque incolore et possède un indice de réfraction voisin de 1,52, très proche de celui du verre. Dissous dans le xylène, il a servi pendant plus d'un siècle à monter les préparations microscopiques permanentes : la lamelle est collée sur la lame sans bulle visible, et l'échantillon reste lisible des décennies. On l'utilisait aussi pour assembler des lentilles et des prismes, comme ceux de Nicol en calcite. Il a été largement remplacé par des milieux de montage synthétiques, car il jaunit avec le temps, s'acidifie et sèche lentement.

Autres baumes et confusions

Au sens pharmaceutique strict, un baume contient des acides benzoïque ou cinnamique, comme le baume du Pérou ou le baume de Tolu, tirés de Myroxylon balsamum ; le baume du Canada, qui n'en contient pas, est en réalité une térébenthine, au même titre que la térébenthine de Strasbourg extraite du sapin pectiné (Abies alba). Le nom usuel s'est pourtant imposé dans les laboratoires et les catalogues.

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