Achillea moschata var. haussknechtiana est une variété de l'achillée musquée, petite vivace aromatique des éboulis siliceux des Alpes. Son feuillage finement découpé dégage une odeur de musc au froissement, et ses capitules blancs fleurissent au cœur de l'été.
Achillea moschata var. haussknechtiana est une variété de l'achillée musquée (Asteraceae), plante alpine des éboulis siliceux des Alpes. L'achillée musquée doit son nom à l'odeur de musc que dégagent ses feuilles froissées, plus intenses que celles des autres achillées.
Dédicace
La variété haussknechtiana honore Heinrich Karl Haussknecht (1838-1903), botaniste allemand et fondateur de l'herbier Haussknecht de Iéna (Allemagne), l'un des plus grands herbiers d'Europe centrale.
Description
Vivace de 10 à 25 cm, elle forme des touffes compactes de feuilles finement découpées, aromatiques. Les corymbes de petits capitules blancs apparaissent de juillet à août sur les pierriers alpins entre 1800 et 3000 m.
Chaque capitule réunit au centre de minuscules fleurs tubulées et, en périphérie, quelques fleurs ligulées blanches qui jouent le rôle de pétales. Le feuillage, d'un vert vif et presque glabre, se distingue de celui des achillées laineuses des mêmes altitudes. La classification de l'espèce varie selon les auteurs : certaines flores rattachent l'achillée musquée à Achillea erba-rotta, à titre de sous-espèce.
La vie dans les éboulis siliceux
Les pierriers de haute montagne sont un milieu instable : les blocs glissent, la neige couvre le sol une grande partie de l'année et la saison de végétation est courte. L'achillée musquée s'y maintient grâce à ses touffes serrées et à ses racines qui s'insinuent entre les pierres. Elle évite les roches calcaires et recherche les substrats acides, ce qui en fait un bon indicateur des sols siliceux en montagne.
Plusieurs achillées partagent ces altitudes. L'achillée génépi, autre achillée alpine, pousse elle aussi dans les rochers, tandis que l'achillée tomenteuse, couvre-sol des rocailles, se reconnaît à son feuillage laineux et à ses fleurs jaunes.
La cultiver en rocaille
En plaine, cette achillée demande des conditions proches de son milieu : plein soleil, substrat très drainant mêlant gravier et terre acide ou neutre, absence d'eau stagnante. Le principal risque vient de l'humidité hivernale sans couverture neigeuse, qui fait pourrir les touffes ; une couche de gravillons au collet et une pente légère limitent ce problème. Un bac ou une rocaille surélevée lui conviennent mieux qu'un massif ordinaire.
La multiplication se fait par division des touffes au printemps, en séparant des éclats munis de racines que l'on replante aussitôt dans un mélange graveleux. Le semis est possible mais plus lent, et les plants issus de graines ne reproduisent pas toujours fidèlement les caractères d'une variété. Une fois installée, la plante demande peu de soins : un nettoyage des tiges sèches après la floraison et une surveillance de l'humidité au collet suffisent. Elle reste modeste en taille et se voit mieux en premier plan, entre des pierres plates, que mêlée à des vivaces plus vigoureuses qui l'étoufferaient.
Une plante aromatique de montagne
Le parfum de l'achillée musquée tient aux huiles essentielles contenues dans ses feuilles, comme chez beaucoup d'achillées. Dans certaines vallées alpines, des achillées aromatiques ont été employées en tisane ou pour aromatiser des liqueurs locales. Ces usages traditionnels ne valent pas recommandation : les achillées peuvent provoquer des réactions chez les personnes sensibles aux Astéracées, et toute consommation suppose une identification sûre et l'avis d'un professionnel de santé.
Dans la nature, la cueillette des plantes alpines est souvent encadrée, et certaines zones protégées l'interdisent : il vaut mieux se renseigner auprès du parc ou de la réserve avant de prélever quoi que ce soit, et se procurer les plants auprès d'un pépiniériste spécialisé.
D'autres espèces et variétés du genre sont décrites dans la liste des fiches de plantes du genre A.

















