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Hortus botanique

Coprosma taitensis var. raiateensis : le coprosma de Raiatea

Planche botanique stylisée de Coprosma taitensis var. raiateensis, famille des Rubiacées

Coprosma taitensis var. raiateensis est un arbuste de la famille du caféier, propre à l'île de Raiatea, en Polynésie française. Son nom, ses caractères, le rôle des oiseaux dans sa dispersion et les menaces qui pèsent sur sa forêt d'origine sont présentés ici.

Coprosma taitensis var. raiateensis est une variété de coprosma (Rubiacées) endémique ou sub-endémique de l'île de Raiatea, dans l'archipel de la Société (Polynésie française). Le genre Coprosma, très diversifié en Nouvelle-Zélande et dans le Pacifique, comprend plus de 100 espèces.

Description

Arbuste aux feuilles opposées coriaces et luisantes, typiques du genre. Les fruits petits et charnus, noirs ou orange selon les espèces, sont dispersés par les oiseaux frugivores.

Conservation

Les îles de la Société abritent un grand nombre de plantes endémiques menacées par les espèces invasives (Miconia calvescens, goyavier, rats) et la déforestation. Les coprosmas océaniens sont des composantes importantes des forêts natives que les programmes de restauration cherchent à préserver.

Un cousin du caféier

Les Coprosma appartiennent aux Rubiacées, la famille du caféier et du gaillet. Plusieurs traits trahissent cette parenté : des feuilles opposées, reliées à leur base par de petites stipules, et des fleurs discrètes à corolle tubulaire. Chez beaucoup de Coprosma, les pieds sont mâles ou femelles, si bien que seuls les arbustes femelles portent des fruits, à condition qu'un pied mâle pousse à proximité. Les fleurs, sans pétales voyants, laissent pendre de longues étamines ou de longs stigmates : le pollen est porté par le vent.

Le nom du genre a une origine peu flatteuse : il évoque l'odeur désagréable que dégagent les feuilles froissées de certaines espèces néo-zélandaises. Toutes ne la partagent pas, mais ce détail sert parfois d'indice sur le terrain.

Lire le nom raiateensis

L'épithète de variété raiateensis se lit « de Raiatea » : elle rattache la plante à l'île où elle a été décrite, dans les îles Sous-le-Vent de l'archipel de la Société. L'espèce, elle, a été nommée d'après Tahiti. Quand une espèce occupe plusieurs îles, les botanistes distinguent parfois des variétés pour rendre compte de différences de feuillage, de pilosité ou de port d'une île à l'autre ; d'autres coprosmas du Pacifique sont traités de la même façon, comme Coprosma velutina var. andersonii.

Les oiseaux, jardiniers de la forêt

Les petits fruits charnus des Coprosma sont mangés par les oiseaux, qui rejettent les graines plus loin. Ce service de dispersion compte beaucoup sur une île : il permet à l'arbuste de recoloniser les trouées et les vallées voisines. Quand les oiseaux frugivores indigènes se raréfient, ce lien s'affaiblit, et les fruits des espèces introduites, souvent plus abondants, attirent les oiseaux restants. La régénération des espèces natives en pâtit.

Restaurer les forêts de la Société

Le miconia, arbre d'Amérique tropicale aux grandes feuilles violacées au revers, a envahi une partie des pentes de Tahiti et menace les îles voisines : il forme des peuplements si denses que la lumière n'atteint plus le sol. En Polynésie française, la lutte associe arrachage manuel, surveillance des îles encore épargnées et lutte biologique. Le goyavier et d'autres plantes introduites colonisent aussi les zones dégradées, tandis que les rats consomment fruits et graines.

Les programmes de restauration commencent par des inventaires : savoir où subsistent les pieds de la variété, s'ils fleurissent, fructifient et donnent des jeunes plants. Viennent ensuite la récolte de graines, la culture en pépinière et la replantation dans des parcelles protégées. Les autres fiches de la base consacrées aux genres commençant par cette lettre sont rassemblées dans la liste des plantes du genre C.

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