Corallina squamata est une algue rouge calcaire des côtes rocheuses, faite de petits segments rigides articulés. Ses articles aplatis en écailles la distinguent des autres corallines, et son squelette de carbonate de calcium la rend sensible à l'acidification des océans.
Corallina squamata (Corallinacées, Rhodophyta) est une algue rouge calcifiée des zones intertidale et infralittorale rocheuses. Comme toutes les corallines articulées, son thalle est formé de segments rigides imprégnés de carbonate de calcium, reliés par des génicules flexibles non calcifiés.
Bien qu'elle figure dans une base botanique, une coralline n'est pas une plante au sens strict : les algues rouges forment une lignée à part, distincte des plantes terrestres et des algues vertes. Elles partagent cependant avec les plantes la photosynthèse, grâce à des pigments qui leur donnent leur couleur rose à pourpre et leur permettent de capter la lumière qui pénètre dans l'eau.
Morphologie
L'épithète squamata (couvert d'écailles) décrit les segments aplatis et larges, en écailles, qui distinguent cette espèce des corallines à segments cylindriques comme Corallina officinalis. La couleur varie du rose vif au violet selon la lumière.
Les génicules jouent le rôle d'articulations : ils permettent à la touffe de plier sous la houle sans se briser, alors que chaque segment reste dur comme une petite pierre. Le thalle se ramifie de façon régulière, souvent par paires, et forme des touffes denses fixées au rocher par une base encroûtante. Morte et exposée au soleil, l'algue perd ses pigments et blanchit : on trouve souvent sur les plages ces fragments calcaires d'un blanc crayeux.
Reconnaître la coralline écailleuse
Sur le terrain, la forme des articles est le premier critère. La coralline grêle (Corallina tenella) a des rameaux plus fins et plus délicats, tandis que la forme naine de la coralline officinale se reconnaît à ses touffes basses aux segments cylindriques. Une identification certaine passe souvent par l'observation à la loupe des segments et des structures reproductrices, voire par des analyses en laboratoire, tant ces algues varient selon l'exposition.
Reproduction
Les corallines se reproduisent grâce à des conceptacles, petites cavités creusées dans les segments et ouvertes vers l'extérieur par un pore. Comme beaucoup d'algues rouges, elles alternent plusieurs générations au cours de leur cycle : des individus producteurs de gamètes et des individus producteurs de spores, très semblables d'aspect. Les spores libérées se fixent sur le rocher et donnent une petite croûte calcaire d'où partent les nouvelles touffes.
Rôle écologique
Les corallines calcaires jouent un rôle majeur dans la cimentation des récifs et des ceintures algales littorales. Elles sont très sensibles à l'acidification des océans, qui dissout leur squelette calcaire.
Où l'observer ?
La coralline écailleuse se cherche à marée basse, sur les rochers battus et dans les cuvettes qui restent en eau, souvent en compagnie d'autres algues rouges et brunes. Les touffes calcaires se reconnaissent au toucher, dures et rugueuses, alors que la plupart des algues sont souples. Mieux vaut observer sans arracher : les corallines poussent lentement et une touffe prélevée laisse le rocher nu pour longtemps.
Leurs touffes serrées retiennent l'eau et le sédiment à marée basse, et abritent une foule de petits animaux : crustacés, mollusques, vers. Elles servent ainsi de nurserie et de garde-manger à de nombreuses espèces du littoral. Dans les cuvettes de marée, elles comptent parmi les algues les plus faciles à observer. Les autres corallines de la base figurent dans la liste des fiches du genre C.

















