Anacharis canadensis, plus connue sous le nom d'élodée du Canada, est une plante aquatique venue d'Amérique du Nord. Vendue pour les aquariums et les bassins, elle s'est installée dans les eaux calmes d'Europe, où ses herbiers denses concurrencent la flore locale.
Anacharis canadensis est une plante aquatique originaire d’Amérique du Nord, classée parmi les espèces envahissantes en France. Elle colonise les eaux douces stagnantes et peut former des herbiers denses qui perturbent la biodiversité aquatique.
Reconnaître l’élodée du Canada
Le nom Anacharis canadensis est un synonyme ancien : la plupart des flores actuelles la désignent sous le nom d’Elodea canadensis. Elle forme de longues tiges souples et fragiles, entièrement immergées, garnies de petites feuilles vert sombre disposées en verticilles serrés, généralement par trois. Les fleurs, minuscules et blanchâtres, flottent à la surface au bout d’un long pédicelle, mais elles passent souvent inaperçues.
Elle peut être confondue avec l’élodée de Nuttall, autre espèce introduite aux feuilles plus étroites et plus recourbées, ou avec le lagarosiphon, dont les feuilles sont disposées en spirale. Un examen de la disposition des feuilles sur la tige suffit en général à faire la différence.
Impact sur les milieux aquatiques
Cette espèce du genre Anacharis se multiplie rapidement par bouturage naturel. Elle entre en compétition avec les plantes aquatiques indigènes pour la lumière et les nutriments.
En Europe, sa propagation repose presque entièrement sur ce bouturage : le moindre fragment de tige arraché par un courant, une hélice ou une épuisette peut reprendre racine plus loin. Les herbiers très denses ralentissent l’écoulement, gênent la baignade, la pêche et la navigation, et peuvent provoquer, lorsqu’ils se décomposent en fin de saison, une baisse de l’oxygène dissous dans l’eau. Les populations connaissent souvent une phase d’explosion après leur arrivée, puis se stabilisent à un niveau plus modeste.
Gestion et prévention
Le faucardage mécanique reste la méthode de lutte la plus courante. Ne jamais rejeter des plantes d’aquarium dans la nature.
Le faucardage soulage les plans d’eau mais ne fait pas disparaître la plante : mal conduit, il disperse au contraire des fragments capables de repartir. Les opérations se font donc en ramassant soigneusement les résidus, qui sont ensuite sortis de l’eau et laissés sécher loin des berges. Dans un bassin de jardin, un arrachage manuel régulier et un tri attentif des plantes achetées limitent les risques.
- Genre : Anacharis
- Statut : espèce introduite envahissante
- Milieu : eaux douces stagnantes et lentes
Les bons gestes au bord de l’eau
La prévention reste le moyen le plus efficace. Avant de changer de plan d’eau, on rince et on inspecte bottes, filets, bateaux et remorques, pour ne transporter aucun fragment. Le contenu d’un aquarium ou d’un bassin que l’on vide ne doit jamais finir dans un fossé, une mare ou une rivière : les plantes se jettent avec les déchets verts, une fois bien séchées.
Signalez vos observations d’Anacharis canadensis aux réseaux de surveillance botanique.
Un signalement utile précise le lieu, la date, la surface approximative de l’herbier et s’accompagne d’une photographie d’une tige posée sur un fond clair. Ces données aident les gestionnaires à suivre l’évolution de l’espèce et à intervenir tôt sur les nouveaux foyers. Plus une colonisation est repérée tôt, plus les moyens nécessaires pour la contenir restent modestes.

















