En botanique, genouillé qualifie un organe coudé brusquement à la manière d'un genou plié, ou une tige qui repart dans une autre direction au niveau d'un nœud. Le terme traduit le latin geniculatus, dérivé de geniculum (petit genou), d'où son synonyme savant géniculé.
Tiges et chaumes genouillés
Chez les graminées, un chaume genouillé est couché à la base puis se redresse au niveau d'un nœud, en formant un coude net. Le vulpin genouillé, Alopecurus geniculatus, porte ce caractère jusque dans son nom : ses tiges s'étalent sur la vase des prairies humides puis se relèvent brusquement. Le même port s'observe chez Agrostis stolonifera ou chez certains pâturins. Hors des graminées, les renouées du genre Persicaria, dont les nœuds sont gainés d'une ochréa, montrent souvent des tiges coudées à la base.
Arêtes et autres organes coudés
L'arête des épillets offre un autre usage fréquent. Chez la folle avoine, Avena fatua, et chez les stipes (Stipa), l'arête est genouillée : une partie inférieure tordue en spirale, un coude, puis une partie supérieure droite. Cette arête est hygroscopique : en se tordant et se détordant selon l'humidité, elle fait avancer le fruit sur le sol et peut l'enfoncer dans la terre. Le mot s'applique aussi aux étamines coudées, aux pédicelles brusquement infléchis et, en zoologie, aux antennes de certains insectes.
Genouillé, ascendant ou flexueux ?
Une tige ascendante se redresse progressivement, en courbe douce, sans angle marqué. Une tige flexueuse change plusieurs fois de direction en zigzag, d'un nœud à l'autre. Une tige genouillée présente un coude franc, le plus souvent unique ou limité à la base. Dans une clé de détermination, ce détail sépare parfois deux espèces proches : il faut donc observer la plante entière, dégagée de son support, plutôt qu'un fragment de tige.

















