En botanique, une fleur est dite hermaphrodite lorsqu'elle réunit les deux sexes : des étamines, qui produisent le pollen, et un pistil (ou gynécée), qui contient les ovules. Le terme vient d'Hermaphrodite, personnage de la mythologie grecque, fils d'Hermès et d'Aphrodite, réuni en un seul corps avec la nymphe Salmacis. On dit aussi fleur bisexuée ou monocline. C'est l'organisation la plus répandue : environ trois quarts des espèces de plantes à fleurs n'ont que des fleurs hermaphrodites.
Exemples et variantes
Le coquelicot (Papaver rhoeas), le lis (Lilium martagon), la tulipe ou le pommier (Malus domestica) ont des fleurs hermaphrodites. Une plante peut aussi être hermaphrodite au niveau de l'individu sans que ses fleurs le soient : le noisetier (Corylus avellana) porte des fleurs mâles (chatons) et des fleurs femelles séparées sur un même pied, on le dit monoïque. Chez d'autres espèces, fleurs hermaphrodites et fleurs unisexuées coexistent, comme chez le marronnier d'Inde, andromonoïque.
Éviter l'autofécondation
Réunir les deux sexes dans une même fleur expose à l'autofécondation, qui réduit la diversité génétique. Beaucoup de fleurs hermaphrodites l'évitent :
- par la protandrie, les étamines mûrissant avant le stigmate (nombreuses Apiaceae, Geranium) ;
- par la protogynie, l'inverse (plantains, Plantago) ;
- par l'éloignement du stigmate et des anthères, ou par l'hétérostylie des primevères ;
- par un système d'auto-incompatibilité qui empêche le pollen de la même plante de germer (cerisier, Prunus avium).
Ne pas confondre
Hermaphrodite qualifie la présence des deux sexes, pas leur fonctionnement : une fleur peut garder des étamines stériles et se comporter comme une fleur femelle. Les flores parlent alors de fleur fonctionnellement unisexuée.

















