Le labelle est le pétale médian de la fleur des orchidées, généralement plus grand que les autres et de forme, de couleur ou d'ornementation particulières. Il sert de piste d'atterrissage, de leurre ou de piège pour les pollinisateurs. Le mot vient du latin labellum, diminutif de labrum (lèvre), car il forme souvent une lèvre inférieure à l'avant de la fleur.
Un pétale retourné
Dans le bouton, le labelle est situé en haut de la fleur. Chez la plupart des orchidées, l'ovaire ou le pédicelle se tord d'un demi-tour pendant le développement, ce qui place le labelle en bas : c'est la résupination. La fleur, zygomorphe, présente alors un labelle tourné vers l'insecte qui approche, face à la colonne ou gynostème, où sont réunis les organes mâles et femelles. Le labelle porte souvent un éperon nectarifère, comme chez les orchis, ou se divise en deux parties articulées, l'hypochile et l'épichile, comme chez les épipactis.
Des formes au service de la pollinisation
Chez les Ophrys, le labelle velu imite la femelle d'un insecte par sa forme, ses reflets et son odeur : l'ophrys mouche (Ophrys insectifera) attire ainsi des mâles de guêpes solitaires, qui tentent de s'accoupler avec la fleur et emportent les pollinies. Chez le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), le labelle jaune est gonflé en sabot, le calceus : l'insecte qui y tombe ne peut sortir que par d'étroites ouvertures à l'arrière, en frôlant le stigmate puis les anthères. D'autres labelles, plats et largement découpés comme ceux des Anacamptis, offrent simplement une surface d'appui colorée.
Hors des orchidées
Le mot s'emploie aussi pour d'autres familles où une pièce florale forme une lèvre remarquable. Chez les Zingiberaceae, comme le gingembre ou les Hedychium, et chez les Cannaceae, le labelle n'est pas un pétale : il résulte de la soudure d'étamines stériles, des staminodes, devenues pétaloïdes. Il ne faut pas confondre le labelle avec les lèvres des Lamiaceae, formées par plusieurs pétales soudés en une corolle bilabiée. Dans les clés de détermination des orchidées, la forme, la taille et les dessins du labelle sont souvent les caractères les plus décisifs.

















