En botanique, lancéolé qualifie un organe plat, le plus souvent une feuille, en forme de fer de lance : nettement plus long que large, il atteint sa plus grande largeur vers le tiers inférieur puis se rétrécit progressivement jusqu'à un sommet pointu. Le mot vient du latin lanceola, diminutif de lancea (lance). Il s'applique aussi aux folioles, aux bractées, aux sépales ou aux pétales.
Reconnaître une forme lancéolée
On considère en général qu'un limbe lancéolé est environ trois à six fois plus long que large. La base peut être arrondie ou en coin, mais c'est la position de la plus grande largeur, dans la moitié inférieure, et l'amincissement régulier vers la pointe qui définissent la forme. Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) en porte le nom : ses feuilles en rosette, étroites et parcourues de nervures parallèles saillantes, sont un modèle du genre. Le saule blanc (Salix alba), la renouée persicaire (Persicaria maculosa) ou le laurier-rose (Nerium oleander), aux feuilles très étroites dites linéaires-lancéolées, en offrent d'autres exemples.
Les formes voisines
Plusieurs termes décrivent des feuilles allongées, et il est facile de les confondre. Une feuille elliptique est plus large au milieu et s'arrondit de façon égale vers la base et le sommet. Une feuille oblongue a des bords presque parallèles sur une bonne partie de sa longueur. Une feuille oblancéolée est un lancéolé inversé : sa plus grande largeur se situe dans le tiers supérieur, et elle se rétrécit vers la base, comme chez beaucoup de pâquerettes et de primevères. Linéaire désigne un limbe très étroit, aux bords parallèles, comme celui des graminées. Ovale, enfin, s'applique à une feuille plus courte et plus large que la lancéolée.
Bien utiliser le terme
La forme d'une feuille varie souvent sur une même plante, entre les feuilles de la base et celles du haut de la tige. Une flore précise donc souvent « feuilles caulinaires lancéolées » ou « feuilles inférieures elliptiques, les supérieures lancéolées ». On combine aussi les termes pour les formes intermédiaires : lancéolé-linéaire, ovale-lancéolé. Pour décrire complètement une feuille, la forme générale se complète par la description du sommet (aigu, acuminé), de la base et de la marge, qu'elle soit entière ou dentée.

















