En botanique, le bourgeon apical, ou bourgeon terminal, est le bourgeon situé à l'extrémité d'une tige ou d'un rameau ; il abrite le méristème apical, dont l'activité allonge l'axe et produit de nouvelles feuilles. Le premier qualificatif vient du latin apex, apicis, sommet, pointe ; le second de terminus, limite, fin (voir terminal). Il s'oppose aux bourgeons axillaires, ou latéraux, placés à l'aisselle des feuilles.
La dominance apicale
Tant qu'il est actif, le bourgeon apical freine le développement des bourgeons situés au-dessous de lui : c'est la dominance apicale. L'auxine qu'il produit, en descendant dans la tige, maintient les bourgeons latéraux en repos, avec le concours d'autres hormones. Si l'on supprime le sommet, par un pincement ou une taille, les bourgeons latéraux se réveillent et la plante se ramifie : c'est le principe du pincement du basilic ou des chrysanthèmes. Chez les sapins (Abies) et les épicéas (Picea), une forte dominance apicale donne la silhouette conique ; si la flèche est cassée, une branche latérale se redresse pour la remplacer.
Croissance monopodiale ou sympodiale
Lorsque le bourgeon terminal reprend sa croissance année après année, l'axe est un monopode : c'est le cas du frêne (Fraxinus excelsior), aux gros bourgeons noirs, ou du marronnier (Aesculus hippocastanum), au bourgeon terminal volumineux et collant. Lorsque l'extrémité avorte ou se termine par une fleur, un bourgeon latéral prend le relais et l'axe devient un sympode. Chez le lilas (Syringa vulgaris), le sommet porte souvent deux bourgeons opposés, d'où une ramification en fourche.
Vrai et faux bourgeon terminal
En hiver, l'identification des arbres passe souvent par l'observation de l'extrémité des rameaux. Chez le tilleul (Tilia), l'orme (Ulmus), le saule (Salix), le bouleau (Betula), le charme (Carpinus betulus) ou le châtaignier, le bourgeon placé au bout du rameau est en réalité le dernier bourgeon latéral : une petite cicatrice, laissée par la pointe avortée, se voit juste à côté. On parle de bourgeon pseudo-terminal. Les notions d'acrotonie et de basitonie décrivent, elles, la vigueur relative des bourgeons le long d'un axe.

















