En anatomie végétale, les anneaux de Caspary, plus souvent appelés cadres ou bandes de Caspary, sont des bandes imprégnées de subérine et de lignine qui ceinturent les parois radiales et transversales de chaque cellule de l'endoderme de la racine. Ils rendent ces parois imperméables et obligent l'eau et les sels minéraux à traverser les cellules endodermiques avant de rejoindre les vaisseaux. Leur nom rend hommage au botaniste allemand Robert Caspary, qui les a décrits en 1865.
Un filtre à l'entrée des vaisseaux
Dans le cortex de la racine, l'eau peut circuler de deux façons : de cellule en cellule par leur contenu (voie symplasmique), ou par les parois et les espaces entre les cellules (voie apoplasmique). Arrivée à l'endoderme, la voie des parois est coupée par les cadres de Caspary, qui forment une bande continue, comme un joint étanche autour de chaque cellule. L'eau et les ions doivent alors franchir la membrane plasmique, ce qui permet à la plante de trier les éléments absorbés, de retenir les ions utiles dans le cylindre central et d'en limiter d'autres, comme l'excès de sodium.
L'évolution de l'endoderme
Le cadre de Caspary correspond au premier stade de différenciation de l'endoderme. Plus tard, chez beaucoup d'espèces, les cellules se recouvrent entièrement d'une couche de subérine, puis parfois d'épaississements de cellulose et de lignine, souvent en U, comme chez l'iris ou la salsepareille (Smilax). Quelques cellules restent à parois minces en face des pôles de xylème : ce sont les cellules de passage, qui maintiennent les échanges. Chez Arabidopsis thaliana, les protéines qui organisent la mise en place de ces bandes, dites CASP, ont été identifiées au début des années 2010.
Termes voisins
L'endoderme végétal, assise la plus interne du cortex, n'a aucun rapport avec l'endoderme des animaux, feuillet de l'embryon. Une assise comparable, l'exoderme, se forme sous l'épiderme de nombreuses racines et peut aussi porter des bandes de Caspary. Dans les tiges, l'endoderme est souvent peu visible, sauf chez certaines plantes aquatiques et chez de nombreuses fougères. On ne confondra pas non plus ces bandes avec les ponctuations, zones amincies des parois qui facilitent au contraire le passage entre cellules.

















