En anatomie végétale, un stomate est dit anomocytique lorsque ses deux cellules de garde sont entourées de cellules épidermiques ordinaires, qui ne se distinguent ni par la taille, ni par la forme, ni par la disposition des autres cellules de l'épiderme : il n'y a pas de cellules annexes, ou subsidiaires, différenciées. Le mot vient du grec anomos, sans règle, irrégulier, et kytos, cavité, cellule. Ce type a longtemps été appelé ranonculacé, d'après la famille où il est fréquent.
Les principaux types de stomates
La classification la plus utilisée, établie au milieu du XXe siècle, se fonde sur le nombre et la position des cellules qui bordent les cellules de garde :
- anomocytique : aucune cellule annexe distincte ;
- anisocytique : trois cellules annexes de tailles inégales, typique des Brassicacées et de nombreuses Solanacées ;
- paracytique : deux cellules annexes parallèles à l'ostiole, comme chez les Rubiacées ;
- diacytique : deux cellules annexes perpendiculaires à l'ostiole, comme chez les Caryophyllacées et de nombreuses Lamiacées ;
- tétracytique : quatre cellules annexes, comme chez les éphémères (Tradescantia).
Où rencontre-t-on des stomates anomocytiques ?
C'est l'un des types les plus répandus chez les dicotylédones. On le trouve chez les Renonculacées, comme les renoncules (Ranunculus), chez les Géraniacées, les Cucurbitacées, les Boraginacées, les Papavéracées ou encore chez la digitale pourpre (Digitalis purpurea). Pour l'observer, il suffit de prélever un fragment d'épiderme à la pince, ou d'en faire une empreinte au vernis incolore, puis de l'examiner au microscope à un grossissement moyen.
Un critère en pharmacognosie
Les pharmacopées utilisent le type de stomates pour contrôler l'identité des feuilles médicinales réduites en poudre, où les autres caractères ont disparu. La feuille de digitale, à stomates anomocytiques, se distingue ainsi de celle de la belladone (Atropa belladonna), à stomates anisocytiques, ou de la feuille de séné, à stomates paracytiques. Ce critère a cependant ses limites : il se juge sur le stomate adulte, plusieurs types peuvent coexister sur une même feuille, et un même aspect final peut résulter de développements différents.

















