En phytogéographie, apophytique qualifie ce qui se rapporte aux apophytes, c'est-à-dire aux plantes indigènes d'une région qui ont quitté leurs habitats d'origine pour coloniser des milieux créés ou transformés par l'homme : champs, friches, talus, bords de routes, voies ferrées, murs. Le terme vient du grec apo-, loin de, hors de, et phyton, plante ; il a été introduit au début du XXe siècle par des botanistes suisses qui classaient les plantes selon leur rapport à l'activité humaine.
Apophytes et plantes introduites
Dans cette classification, la flore d'un lieu modifié par l'homme se partage entre deux grands ensembles. Les apophytes sont des espèces du pays, déjà présentes avant l'intervention humaine, qui ont simplement changé de milieu. Les plantes introduites, à l'inverse, sont arrivées avec l'homme : archéophytes installées avant la fin du Moyen Âge, comme le coquelicot (Papaver rhoeas) ou le bleuet (Centaurea cyanus), et néophytes arrivées plus tard, comme la vergerette du Canada (Erigeron canadensis) ou l'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia).
Exemples d'espèces apophytiques
- la grande ortie (Urtica dioica), plante des bords de rivières riches en azote, devenue commune sur les décombres et autour des fermes ;
- le tussilage (Tussilago farfara), venu des berges et des éboulis marneux, pionnier des talus et des carrières ;
- l'épilobe en épi (Epilobium angustifolium), des clairières naturelles et des éboulis, qui envahit les coupes forestières et les remblais ;
- la rue des murailles (Asplenium ruta-muraria), fougère des rochers calcaires qui s'est largement répandue sur les vieux murs maçonnés.
Usage du terme et termes voisins
On parle de flore apophytique, d'élément apophytique d'une végétation, ou d'apophytisation pour désigner le passage d'une espèce indigène vers les milieux anthropisés. Le mot ne doit pas être rapproché d'apophyse, qui désigne une saillie d'organe. Il se distingue aussi de anthropogène, qui qualifie un milieu ou une végétation née de l'activité humaine, de subspontané, qui s'applique à une plante cultivée échappée des jardins, et de l'anthropocorie, la dispersion des graines par l'homme.

















