En botanique, calciphile se dit d'une plante qui recherche les sols riches en calcium, le plus souvent sous forme de calcaire, et qui y pousse de préférence. Le mot est formé du latin calx, calcis (chaux) et du grec philos (ami). Il s'oppose à calcifuge, qui qualifie les plantes qui évitent ces sols.
Pourquoi certaines plantes préfèrent le calcaire
Les sols calcaires sont souvent secs, chauds, filtrants et d'un pH neutre à basique. Le calcium y est abondant, mais le fer, le manganèse et le phosphore y sont moins disponibles pour les racines. Les plantes calciphiles supportent bien ces conditions et les tolèrent mieux que leurs concurrentes ; beaucoup sont d'ailleurs moins exigeantes que compétitives, et doivent leur présence sur calcaire à l'absence d'autres espèces plus vigoureuses. Inversement, une plante calcifuge comme la callune (Calluna vulgaris) ou le châtaignier (Castanea sativa) souffre sur ces sols de carences et jaunit : c'est la chlorose ferrique.
Exemples de plantes calciphiles
Les pelouses sèches sur calcaire réunissent de nombreuses espèces calciphiles : le brome dressé (Bromus erectus), l'hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa), la seslérie bleue (Sesleria caerulea) en montagne. Beaucoup d'orchidées y abondent, comme l'orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) et la plupart des Ophrys. Parmi les arbustes, le buis (Buxus sempervirens), la viorne lantane (Viburnum lantana) et le cornouiller mâle (Cornus mas) sont de bons indicateurs. L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) signale souvent les sous-bois sur calcaire.
Calciphile, calcicole, basiphile
Les trois termes sont souvent pris l'un pour l'autre. Calcicole, plus courant, s'applique aux plantes qui vivent habituellement sur calcaire, sans forcément l'exiger ; calciphile insiste sur la préférence, voire la dépendance. Basiphile est plus général : il désigne une plante des sols à pH élevé, que la base soit le calcium, le magnésium ou d'autres éléments. Au jardin, connaître le caractère calciphile ou calcifuge d'une espèce évite bien des échecs : on n'installe pas une bruyère en terrain calcaire, et un buis prospère là où un rhododendron dépérit.

















