En botanique, amplexatile qualifie un embryon dont la radicule enveloppe le reste de l'embryon, c'est-à-dire la plumule et la tigelle. Le mot dérive du latin amplexari (embrasser, entourer), de la même famille que amplexus (étreinte). C'est un terme d'histoire de la botanique : on le trouve chez les auteurs du début du XIXe siècle qui décrivaient les graines avec une précision anatomique nouvelle, et il est sorti de l'usage courant.
Un mot né de l'analyse des graines
Le botaniste français Louis-Claude Richard (1754-1821), grand observateur des fruits et des graines, nommait embryon amplexatile celui dont la radicule embrasse tout le reste. À son époque, la description d'une graine passait par la position et la forme de chaque partie de l'embryon : radicule, cotylédons, gemmule. Richard a aussi proposé d'autres mots devenus classiques, comme endorhize et exorhize, pour distinguer les embryons selon que la radicule est contenue dans une gaine ou libre. Amplexatile appartient à ce vocabulaire descriptif, mais n'a pas connu la même postérité.
Ce que le terme décrit
L'adjectif porte sur un rapport de position : la partie radiculaire forme une sorte de manchon ou de capuchon autour des autres organes de l'embryon. On ne l'emploie donc ni pour la graine entière, ni pour la racine d'une plante adulte. Dans les textes modernes, on décrit plutôt ces situations avec des termes plus généraux : radicule enveloppante, coléorhize (la gaine qui protège la radicule chez les Poaceae), cotylédon engainant. Quand on rencontre amplexatile dans une flore ancienne, il faut le lire comme une indication d'anatomie de l'embryon, à vérifier sur une coupe de graine.
Ne pas confondre avec amplexicaule
La confusion la plus fréquente se fait avec amplexicaule, terme bien vivant qui qualifie une feuille dont la base embrasse la tige. Le lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule) en est l'exemple le plus connu : ses feuilles supérieures, sessiles et élargies, semblent entourer la tige par paires. Les feuilles supérieures du pavot somnifère (Papaver somniferum) sont elles aussi amplexicaules. Les deux mots partagent la même racine latine, mais amplexicaule concerne la feuille et la tige, amplexatile l'embryon. Une feuille qui entoure complètement la tige au point d'être traversée par elle est dite perfoliée, comme chez Bupleurum rotundifolium.

















