En botanique, biailé (on écrit aussi bi-ailé) qualifie un organe pourvu de deux ailes, c'est-à-dire de deux expansions minces, membraneuses ou foliacées. Le terme associe le latin bis (deux fois) et ala (aile). Il s'applique surtout aux fruits, aux graines, aux grains de pollen et parfois aux tiges ou aux pétioles.
Fruits et graines biailés
L'exemple classique est le fruit des érables : la disamare d'Acer pseudoplatanus ou d'Acer campestre se compose de deux akènes soudés, chacun prolongé d'une aile ; l'ensemble, biailé, tournoie en tombant et s'éloigne de l'arbre. Le genre tropical Dipterocarpus tire son nom de ses fruits portant deux ailes issues du calice (du grec di, deux, pteron, aile, karpos, fruit). À l'inverse, la samare du frêne (Fraxinus excelsior) n'a qu'une aile, et celle de l'orme (Ulmus minor) est entourée d'une aile continue : ni l'une ni l'autre n'est biailée.
Pollen biailé des Pinaceae
Les grains de pollen des pins, des sapins et des épicéas (Pinus sylvestris, Abies alba, Picea abies) portent deux ballonnets remplis d'air de part et d'autre du corps central. Les palynologues les disent bisaccates ou biailés. Ces sacs allègent le grain, favorisent son transport par le vent et l'orientent dans la goutte pollinisatrice de l'ovule. Ce pollen se reconnaît facilement au microscope et sert de repère dans l'étude des sédiments anciens.
Tiges et termes voisins
Une tige est biailée quand deux lames vertes la bordent sur toute sa longueur, comme chez la gesse des bois (Lathyrus sylvestris) ou la gesse à larges feuilles (Lathyrus latifolius). On distingue biailé d'aliforme (en forme d'aile) et de triailé ou tétraptère (trois ou quatre ailes, comme les fruits de certains Halesia).

















