En bryologie, autoïque qualifie une mousse ou une hépatique monoïque dont les organes mâles (anthéridies) et les organes femelles (archégones) sont réunis sur un même individu, mais groupés dans des bourgeons séparés, portés par des rameaux ou des points différents de la tige. Le mot est formé sur le grec autos (soi-même) et oikos (maison) : les deux sexes habitent la même plante sans partager le même bourgeon.
Une des formes de la monoécie chez les mousses
Les bryologues distinguent plusieurs façons d'être monoïque, et la nuance compte dans les clés de détermination. Une espèce autoïque porte des périgones (bourgeons mâles) et des périgynes (bourgeons femelles) distincts. Une espèce paroïque réunit les deux sortes d'organes dans le même bourgeon, les anthéridies étant placées à l'aisselle des feuilles situées sous le groupe d'archégones. Une espèce synoïque mélange anthéridies et archégones dans un même bourgeon. Une espèce hétéroïque, enfin, combine plusieurs de ces dispositions sur un pied ou dans une population.
Exemples de mousses autoïques
La funaire hygrométrique, Funaria hygrometrica, est l'exemple classique : son bourgeon mâle termine la tige principale, alors que les archégones apparaissent sur une innovation latérale née plus bas. Physcomitrium pyriforme, qui fructifie en abondance sur la terre nue des champs, et une grande partie des Orthotrichum sont aussi autoïques. Cette disposition facilite la fécondation : le spermatozoïde n'a qu'une courte distance à parcourir dans le film d'eau, et les capsules sont souvent nombreuses.
Autoïque ou dioïque : bien lire le caractère
Une mousse dioïque porte les sexes sur des pieds distincts, ce qui explique que les sporophytes soient plus rares chez des espèces comme Hylocomium splendens. Pour affirmer qu'une mousse est autoïque, il faut disséquer sous la loupe un brin fertile et retrouver, sur ce même brin, un bourgeon d'anthéridies et un groupe d'archégones séparés. Un brin qui ne montre qu'un seul sexe ne permet pas de conclure, car les bourgeons mâles sont souvent petits et vite caducs.

















